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The Translation Wall

by Creativewords.eu

This blog is about translation. This blog is about languages. This blog is about communication, about intentions, about meaning transfer. This blog is about human relationships. This blog is about life. About mine, most certainly, but first and foremost, about others.

Jour de manifestation

Expressions & Idioms Posted on Thu, April 30, 2015 14:38:56

Manifestation de pompiers tout feu tout flamme à Mons ce
matin: je comprends leur combat, mais il n’en reste qu’ils m’ont sapé ma
matinée! Pris au piège dans le flot des voitures, je n’ai eu d’autre choix que
de les regarder cheminer, sur leurs grands et beaux camions, qu’ils avaient
sortis de leur caserne (d’Ali Baba) pour l’occasion! Je les entends, bien sûr,
mais il n’en reste pas moins que pour le coup, ils m’autopompent l’air! Je
brûle d’envie de les interpeler, mais je reste calme: inutile de jeter de
l’huile sur le feu. Sujet brûlant!

Je fulmine intérieurement, je bouillonne,
puis j’explose: «eh les gars, pourquoi manifestez-vous exactement?» L’un d’eux
se retourne: «nous protestons contre la réforme et la réorganisation des zones!
Nous sommes inquiets pour
notre avenir!» Sa réponse met le feu aux poudres, ses collègues aux alentours
font feu de tout bois: «Ils nous disent qu’il n’y pas de raison de monter au
créneau, mais il n’y a pas de fumée sans feu!» Un autre ajoute dans le feu de
l’action: «ils m’ont pratiquement dégouté de ce métier, j’ai perdu le feu
sacré.» Pris entre deux feux, je m’emploie à circonscrire l’incendie: «je vous
comprends, mais ne jouez pas avec le feu, vous risqueriez de vous brûler les
ailes!» Un autre me lance à brûle-pourpoint: «ils s’en fichent, j’en mets ma
main au feu! Tout ce qui compte pour eux, ce sont les feux de la rampe. Ils se
moquent de notre profession, alors qu’elle se meurt à petit feu.» «Vous avez
raison, mais il est inutile de mettre cette ville à feu et à sang, cela ne
résoudra pas vos problèmes. Écoutez, ne vous enflammez pas et prenez le temps
d’y réfléchir, il n’y a pas le feu finalement.» Mais ils ne décolèrent pas. Je viens de
brûler mes dernières cartouches: entre eux et moi, le torchon brûle. Feux de
détresse…

Et puis soudain, alors que je m’apprête à passer la journée
incarcéré dans ma voiture, j’entrevois une brèche dans la foule! Je m’y glisse,
tel un phénix renaissant de ses cendres, mais avec le feu aux trousses! Ça
marche! Pompier, bon œil, peut-être, mais cette fois, ils n’y ont vu que du feu.
Je suis libre! Et ça s’arrose!



Cornes

Expressions & Idioms Posted on Tue, March 31, 2015 10:23:05

Parole de linguiste : belle occasion aujourd’hui de rappeler que l’expression
«faire un vent à décorner des boeufs» (ou à écorner les boeufs au Québec) a
aussi sa variante beaucoup plus savoureuse : «faire un vent à décorner tous les
cocus» !

A ce titre, le mot cocu est une évolution du mot coucou, une onomatopée
désignant un type d’oiseau au cri similaire, qui est également connu pour sa
tendance à ne pas construire de nid et à déposer ses œufs dans celui des autres
oiseaux, les laissant ainsi s’occuper de leur progéniture à leur place, ce qui
en a fait un symbole d’infidélité et de duplicité conjugale. De là vient donc
l’expression «être cocu(fié)».

Mais quel lien avec les cornes? Le signe de la corne (effectué généralement
avec la main, poing fermé, index et auriculaire relevés) remonterait à
l’Antiquité grecque et à la relation adultère entre la reine de Crète et le
taureau crétois, le fameux Minotaure. Le peuple rappelait cette trahison au
roi en lui adressant le geste en question, associé depuis à l’idée d’infidélité.
Quel chemin parcouru jusqu’à aujourd’hui!

À noter que ce signe a également d’autres significations, comme la réussite
aux jeux de hasard ou l’adhésion à un groupe de musique, généralement de rock,
où il est perçu comme un geste d’approbation et de complicité entre les fans.Ce
geste est dérivé du langage des signes, où il signifie tout simplement,
lorsqu’il est décomposé, «je t’aime». Beau, non?



Sur la sellette

Expressions & Idioms Posted on Fri, May 09, 2014 07:36:17

Pour évoquer la situation professionnelle précaire d’un entraineur susceptible
d’être renvoyé à tout moment, le journaliste sportif utilise souvent
l’expression « être ou mettre sur la sellette » à mauvais escient.

En
effet, la sellette fait référence à une sorte de petit tabouret en bois sur
lequel était assis, fers aux pieds, l’accusé qui devait répondre à ses juges en
position surélevée. L’expression signifie donc plus exactement « faire l’objet
d’un interrogatoire précis et insistant » ou, de façon plus large, « être exposé à la
critique, au jugement ». Il convient donc d’éviter de
l’utiliser de façon abusive pour décrire le limogeage imminent d’un entraineur accumulant
les contre-performances. Dans ce cas, l’expression « être sur un siège
éjectable » serait, par exemple, plus indiquée.

Profitons-en pour
rappeler que le terme limogeage est bel et bien lié à la ville de Limoges. Son
origine remonte à la Première Guerre mondiale, où le commandant en chef de
l’armée française aurait affecté à Limoges les officiers en disgrâce relevés de
leur commandement, qui auraient donc ainsi été « limogés ». Le terme
s’est par la suite imposé dans la langue dans le sens de licencier, congédier, débarquer.

Enfin, notons
que l’expression « être ou tomber en disgrâce » peut offrir une
solution sémantique intermédiaire, par laquelle le malheureux martyr aurait déjà
fait l’objet d’un jugement, mais n’aurait pas (encore) été démis de ses
fonctions, puisqu’il n’aurait à ce moment, sur le plan sémantique du moins, perdu
que les faveurs, les bonnes grâces, la considération dont il bénéficiait, et non
son emploi. L’expression « mettre ou mis au ban » se situe dans le
même ordre d’idées. Les plumes attentives auront remarqué l’orthographe du
substantif, qui n’est pas à confondre avec le banc (des réservistes), qui
désigne la zone où les joueurs remplaçants prennent place à côté de leur entraineur,
dans l’attente de pouvoir éventuellement « jouir des bonnes grâces » de
ce dernier en entrant au jeu. Le fait que ledit coach soit en passe d’être
déchu ou non par sa direction ne change rien à la graphie du mot !



Regard sur…

Expressions & Idioms Posted on Tue, November 27, 2012 06:23:00

… une expression
française

« Un point d’orgue »


Signification
Un moment intense au cours d’une action ou d’une succession d’évènements

Origine
En musique, le point d’orgue est un signe placé au-dessus d’une note et qui
indique qu’il faut marquer un temps d’arrêt, suspendre la mesure, sur une durée
plus ou moins longue. Et si ce signe s’appelle ainsi, c’est parce que si elle
est jouée à l’orgue, la note en question reste soutenue pendant la durée du
repos.

Mais pourquoi le point d’orgue a-t-il, au figuré, le sens de « moment
intense », alors qu’il s’agit normalement d’un silence (sauf à l’orgue), donc
plutôt d’un moment calme, faisant dire à certains qu’il s’agit là d’un
contresens ?

Une interprétation évoque le fait que, dans une partition musicale, un silence
soudain peut être considéré comme un moment fort. N’oubliez pas que Sacha
Guitry a dit quelque chose comme « Quand on écoute du Mozart, le silence qui
suit est encore de Mozart », tout imprégné qu’on est par la force du morceau
qui vient de se terminer.

Mais il faut plus probablement se tourner vers l’Italie pour comprendre ce sens
figuré. En effet, il faut savoir que dans ce pays, certains point d’orgues
étaient appellés « cadenza » ou cadence, parce qu’ils étaient placés « sur la
première note d’une cadence finale » et que, là, commençait ce que des
personnes ont appelé « un moment cruel », parce l’exécutant était alors libre «
de se livrer à ses idées et de suivre son propre goût » relativement au
caractère de l’air, et de proposer aux auditeurs les ajouts personnels qu’il
considérait comme les plus convenables à sa voix ou à son instrument. AAlors évidemment, pour un artiste médiocre, cette liberté de se lâcher pouvait
se traduire par un moment pénible à supporter pour les auditeurs, mais lorsque
c’était un artiste de haut niveau qui laissait ainsi libre cours à son
inspiration, cela pouvait donner des moments très inspirés et d’une forte
intensité émotionnelle.



Regard sur…

Expressions & Idioms Posted on Sat, November 24, 2012 12:41:10

…une expression néerlandaise

« Een huishouden van Jan Steen »

Signification

Lieu où règne le désordre, la confusion, anarchique,
complètement désorganisé.

Origine

Les néerlandophones doivent l’expression « een
huishouden van Jan Steen » au célèbre peintre néerlandais du siècle d’or
(1584-1702) et plus précisément à la façon si caractéristique qu’il avait de dépeindre la
vie quotidienne au 17e siècle, dans le chaos et le désordre complet. À noter
que cette « marque de fabrique picturale » a également fini par
trouver son écho dans la réalité : après la disparition de son épouse en
1669, Jan Steen doit assumer seul l’entretien de la maison et s’occuper seul de
ses cinq enfants. Et même s’il peignait admirablement, le peintre n’avait aucun
sens des affaires, si bien qu’il vivait dans une très grande pauvreté et dans
un bric-à-brac absolu.

Le français dispose d’une expression pour illustrer une image analogue,
bien que davantage appliquée au sens figuré pour évoquer une communauté, une
assemblée où prévaut la cacophonie : « la cour du roi Pétaud ».

Cette expression viendrait de la coutume qu’avaient les
mendiants et les gueux au Moyen-Âge de se nommer un chef (du latin peto,
signifiant « je demande »), même si d’autres étymologistes avancent également que
« pétaud » est un terme burlesque formé du latin « petere », demander, mendier.

L’expression est ensuite utilisée dans la littérature,
notamment par Rabelais en 1546 dans le fameux Tiers-Livre,
où il parle d
’une « cour du roi Pétaud où chacun
est maître
». On la retrouve aussi à la fin du XVIe siècle dans l’œuvre collective la Satyre ménippée, ainsi que dans Tartuffe de
Molière. Elle devient alors proverbiale et désigne une maison ou un lieu où
chacun veut commander, où tout le monde parle en même temps. Le terme
pétaudière a la même origine et fait donc référence à un lieu sans discipline,
où règnent la confusion et le désordre.