Parole de linguiste : belle occasion aujourd’hui de rappeler que l’expression
«faire un vent à décorner des boeufs» (ou à écorner les boeufs au Québec) a
aussi sa variante beaucoup plus savoureuse : «faire un vent à décorner tous les
cocus» !

A ce titre, le mot cocu est une évolution du mot coucou, une onomatopée
désignant un type d’oiseau au cri similaire, qui est également connu pour sa
tendance à ne pas construire de nid et à déposer ses œufs dans celui des autres
oiseaux, les laissant ainsi s’occuper de leur progéniture à leur place, ce qui
en a fait un symbole d’infidélité et de duplicité conjugale. De là vient donc
l’expression «être cocu(fié)».

Mais quel lien avec les cornes? Le signe de la corne (effectué généralement
avec la main, poing fermé, index et auriculaire relevés) remonterait à
l’Antiquité grecque et à la relation adultère entre la reine de Crète et le
taureau crétois, le fameux Minotaure. Le peuple rappelait cette trahison au
roi en lui adressant le geste en question, associé depuis à l’idée d’infidélité.
Quel chemin parcouru jusqu’à aujourd’hui!

À noter que ce signe a également d’autres significations, comme la réussite
aux jeux de hasard ou l’adhésion à un groupe de musique, généralement de rock,
où il est perçu comme un geste d’approbation et de complicité entre les fans.Ce
geste est dérivé du langage des signes, où il signifie tout simplement,
lorsqu’il est décomposé, «je t’aime». Beau, non?