Pour évoquer la situation professionnelle précaire d’un entraineur susceptible
d’être renvoyé à tout moment, le journaliste sportif utilise souvent
l’expression « être ou mettre sur la sellette » à mauvais escient.

En
effet, la sellette fait référence à une sorte de petit tabouret en bois sur
lequel était assis, fers aux pieds, l’accusé qui devait répondre à ses juges en
position surélevée. L’expression signifie donc plus exactement « faire l’objet
d’un interrogatoire précis et insistant » ou, de façon plus large, « être exposé à la
critique, au jugement ». Il convient donc d’éviter de
l’utiliser de façon abusive pour décrire le limogeage imminent d’un entraineur accumulant
les contre-performances. Dans ce cas, l’expression « être sur un siège
éjectable » serait, par exemple, plus indiquée.

Profitons-en pour
rappeler que le terme limogeage est bel et bien lié à la ville de Limoges. Son
origine remonte à la Première Guerre mondiale, où le commandant en chef de
l’armée française aurait affecté à Limoges les officiers en disgrâce relevés de
leur commandement, qui auraient donc ainsi été « limogés ». Le terme
s’est par la suite imposé dans la langue dans le sens de licencier, congédier, débarquer.

Enfin, notons
que l’expression « être ou tomber en disgrâce » peut offrir une
solution sémantique intermédiaire, par laquelle le malheureux martyr aurait déjà
fait l’objet d’un jugement, mais n’aurait pas (encore) été démis de ses
fonctions, puisqu’il n’aurait à ce moment, sur le plan sémantique du moins, perdu
que les faveurs, les bonnes grâces, la considération dont il bénéficiait, et non
son emploi. L’expression « mettre ou mis au ban » se situe dans le
même ordre d’idées. Les plumes attentives auront remarqué l’orthographe du
substantif, qui n’est pas à confondre avec le banc (des réservistes), qui
désigne la zone où les joueurs remplaçants prennent place à côté de leur entraineur,
dans l’attente de pouvoir éventuellement « jouir des bonnes grâces » de
ce dernier en entrant au jeu. Le fait que ledit coach soit en passe d’être
déchu ou non par sa direction ne change rien à la graphie du mot !