…une expression néerlandaise

« Een huishouden van Jan Steen »

Signification

Lieu où règne le désordre, la confusion, anarchique,
complètement désorganisé.

Origine

Les néerlandophones doivent l’expression « een
huishouden van Jan Steen » au célèbre peintre néerlandais du siècle d’or
(1584-1702) et plus précisément à la façon si caractéristique qu’il avait de dépeindre la
vie quotidienne au 17e siècle, dans le chaos et le désordre complet. À noter
que cette « marque de fabrique picturale » a également fini par
trouver son écho dans la réalité : après la disparition de son épouse en
1669, Jan Steen doit assumer seul l’entretien de la maison et s’occuper seul de
ses cinq enfants. Et même s’il peignait admirablement, le peintre n’avait aucun
sens des affaires, si bien qu’il vivait dans une très grande pauvreté et dans
un bric-à-brac absolu.

Le français dispose d’une expression pour illustrer une image analogue,
bien que davantage appliquée au sens figuré pour évoquer une communauté, une
assemblée où prévaut la cacophonie : « la cour du roi Pétaud ».

Cette expression viendrait de la coutume qu’avaient les
mendiants et les gueux au Moyen-Âge de se nommer un chef (du latin peto,
signifiant « je demande »), même si d’autres étymologistes avancent également que
« pétaud » est un terme burlesque formé du latin « petere », demander, mendier.

L’expression est ensuite utilisée dans la littérature,
notamment par Rabelais en 1546 dans le fameux Tiers-Livre,
où il parle d
’une « cour du roi Pétaud où chacun
est maître
». On la retrouve aussi à la fin du XVIe siècle dans l’œuvre collective la Satyre ménippée, ainsi que dans Tartuffe de
Molière. Elle devient alors proverbiale et désigne une maison ou un lieu où
chacun veut commander, où tout le monde parle en même temps. Le terme
pétaudière a la même origine et fait donc référence à un lieu sans discipline,
où règnent la confusion et le désordre.